L’Atelier Florian Leroy, spécialisé dans la restauration et la conservation de meubles, sièges et objets d’arts, réalise des prestations adaptées dans le respect de la tradition. Elu prix spécial du jury du Prix Moovjee 2017 dans la catégorie « porteur de projet », Florian Leroy nous dévoile comment concilier le savoir-faire traditionnel et l’innovation à travers le métier d’ébéniste.

Travailler dans l'artisanat, une évidence

Florian s’est lancé dans l’apprentissage à 15 ans : 2 ans en tant qu’apprenti menuiserie pour obtenir son CAP menuiserie, avec un passage de trois ans aux Compagnons du Devoir.

« Apprendre chez eux fut une expérience enrichissante, c’est une vraie communauté avec un état d’esprit traditionnel et ouvert sur l’avenir. J’ai par la suite intégré le CFA d’ameublement La Bonne Graine, à Paris. J’ai pu affiner mon savoir-faire, m’épanouir, j’ai été mis en relation avec tous les corps de métiers, avec lesquels j’ai pu échanger. »

De ce parcours, Florian Leroy en retire beaucoup : « les codes et les valeurs d’un corporatisme, mais aussi le respect de l’uniforme, des matériaux, du savoir-faire et l’ouverture d’esprit. Je représente un métier ».

 
Florian Leroy a par la suite, créé son entreprise "l'Atelier Florian Leroy" à l’âge de 22 ans, à Hem, dans le Nord.

 

Innover tout en perpétrant les méthodes traditionnelles

« Le métier d’ébéniste nécessite un savoir-faire qui se travaille de façon quotidienne. J’ai choisi de pratiquer un savoir-faire traditionnel, à la main. Je puise dans l’existant pour le remettre au goût du jour. L’esthétique des meubles a évolué avec de nouvelles tendances et de nouveaux produits, il faut continuellement s’adapter.

Prenez l’exemple de l’ivoire, aujourd’hui il existe des fabricants d’ivoire synthétique, copie conforme à l’ivoire naturel.
Autre exemple, le vernis-tampon, présent sur tous les meubles de musées, qui est tombé en désuétude (temps de séchage très long = coût trop cher). Aujourd’hui je le relance en l’adaptant et en respectant le savoir-faire traditionnel.

 

Nos modes de vie ont changé, il faut savoir innover dans le choix de ses produits et s’adapter à l’utilisation contemporaine. Pour cela je fais appel à des prestataires, triés sur le volet.

 

Dynamiser l’artisanat "made in France" en créant un vrai réseau de professionnels

C’est un vrai travail que de trouver le prestataire qui produit le matériau recherché.

La relation avec mes prestataires est très importante, je souhaite faire perdurer ces entreprises, c’est un vrai échange de services.

 

Ce sont aussi ces prestataires qui valorisent mon travail :

 

  • des brocanteurs : avec qui je m’associe pour chiner des objets que je restaure, pour les proposer au marché britannique, par exemple.
  • de nombreux corps de métiers  : tapissiers, serruriers, doreurs etc. qui sont liés au mien
  • des fabricants de matériaux spécifiques.

 

Un des impératifs pour moi est de travailler avec des fabricants « made in France », pour deux raisons :

 

  • Valoriser le patrimoine et l’artisanat français
  • Faire preuve de responsabilité écologique

 

La question de l’impact sur l’environnement est importante que ce soit dans le choix de mon support, le bois ou dans les matériaux.
Je ne fabrique pas, je restaure…il n’y a pas d’arbres à abattre. Sur certains meubles, j’utilise de la colle de poisson (à base de déchets de poissons) toute aussi efficace que la colle traditionnelle.

Je me fournis uniquement en bois français (aujourd’hui 3 ou 4 scieries en France ayant du bois français de qualité).

 

Mes conseils pour un jeune qui souhaite se lancer en tant qu’ébéniste ?

Pas besoin de s’échiner à enfoncer les grandes portes. Ne rien lâcher ne pas perdre de vue son objectif et son envie d’avancer. Il ne faut pas hésiter à taper aux portes, encore et encore. Le métier d’ébéniste est avant tout une passion, un métier en évolution, il faut savoir :

  • adapter sa façon de travailler
  • garder l’esprit ouvert
  • respecter au mieux le savoir-faire des anciens.

De plus en plus de jeunes engagés dans les voies classiques d’études, reviennent vers leurs premières envies : travailler de leurs mains.  Sans les métiers de restaurateurs, tailleurs de pierre etc., il n’y a plus de possibilité d’entretenir le patrimoine. Ce sont des corps métiers très importants pour la France, un secteur d’activités non négligeable, les jeunes peuvent oser se lancer ».
Florian cite un extrait du livre " Into The Wild " de John Krakauer :

« N’oublie jamais quand tu veux quelque chose dans la vie, tu n’as qu’à tendre la main et tu le prends »

l'Atelier Florian Leroy, les projets

«Participer à des concours me permet de mettre en lumière mon secteur d’activités.

Je suis le deuxième artisan ayant remporté un prix* depuis l’existence du Prix Moovjee, c’est une fierté. Le travail du Moovjee reflète les valeurs que je porte : l’accompagnement dans l'apprentissage d’un métier, le respect des valeurs transmises par les anciens et l’innovation.

 

Aujourd’hui, j’ai plein de projets. Le premier est l’embauche d’une apprentie, qui arrive dès cet été, afin de transmettre et valoriser ce savoir-faire, mais aussi de créer de l’emploi.

 

A l’heure actuelle, j’ai deux ans de commandes d’avance ! Je souhaite continuer à participer à des concours : le meilleur apprenti de France et à plus long terme le concours du Meilleur Ouvrier de France, mais aussi me développer dans la prestation pour les hôtels.»

 

*prix spécial du jury du Prix Moovjee 2017 dans la catégorie porteur de projet. Le Prix Moovjee a été créé en 2009

 

Pour en savoir plus : http://www.atelierflorianleroy.fr/

 

Présentation de l'Atelier Florian Leroy en vidéo :